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vendredi 25 mai 2018

Perdre la finale à répétition







 

Atteindre la finale de la Coupe Stanley est tout un exploit, bien que le chemin pour y arriver était moins ardu lorsqu’il y avait moins d’équipes.  Par contre, lorsqu’on perd, l’amertume est plus grande, puisqu’on a passé si près.  Parlez-en aux partisans des Canucks qui ont vu leurs favoris perdre un septième match en 1994 et 2011.

Toutefois, lorsqu’on perd à répétition, on peut se poser des questions.  Si on perd toujours contre la même, on se dit qu’on fait partie de l’élite, mais une coche derrière l’adversaire.  Mais lorsque différentes équipes se relaient pour se mériter la Coupe sous votre nez, on se questionne inévitablement sur le fait que vous vous écroulez sous la pression.
 
Voici quelques exemples d’équipes qui ont souvent vu leurs adversaires parader avec la Coupe.
 
Les Maple Leafs des années 1930
 
                      CHAMPIONS                                              FINALISTES
1931-32         TORONTO MAPLE LEAFS                        NEW YORK RANGERS
1932-33         NEW YORK RANGERS                             TORONTO MAPLE LEAFS
1933-34         CHICAGO BLACK HAWKS                        DETROIT RED WINGS
1934-35         MONTREAL MAROONS                            TORONTO MAPLE LEAFS
1935-36         DETROIT RED WINGS                              TORONTO MAPLE LEAFS
1936-37         DETROIT RED WINGS                              NEW YORK RANGERS
1937-38         CHICAGO BLACK HAWKS                        TORONTO MAPLE LEAFS
1938-39         BOSTON BRUINS                                      TORONTO MAPLE LEAFS
1939-40         NEW YORK RANGERS                             TORONTO MAPLE LEAFS
1940-41         BOSTON BRUINS                                      DETROIT RED WINGS
1941-42         TORONTO MAPLE LEAFS                        DETROIT RED WINGS

Cette formation a pu compter sur de futurs membres du Temple de la renommée comme Busher Jackson, Joe Primeau, Charlie Conacher, Gordie Drillon, Hap Day, Red Horner et King Clancy.  Elle a aussi connu du succès en saison régulière.  Par contre, en séries, le palmarès est mitigé.

Après avoir remporté les grands honneurs en 1932, elle a atteint la finale six fois en huit ans, s’inclinant à chaque fois et ce, contre cinq équipes différentes.

C’est en 1942 que les Torontois ont finalement remis la main sur la Coupe de Lord Stanley.

Les Canadiens du début des années 1950

                      CHAMPIONS                                              FINALISTES
1950-51         TORONTO MAPLE LEAFS                        MONTRÉAL CANADIENS
1951-52         DETROIT RED WINGS                              MONTRÉAL CANADIENS
1952-53         MONTRÉAL CANADIENS                          BOSTON BRUINS
1953-54         DETROIT RED WINGS                              MONTRÉAL CANADIENS
1954-55         DETROIT RED WINGS                              MONTRÉAL CANADIENS
1955-56         MONTRÉAL CANADIENS                          DETROIT RED WINGS
1956-57         MONTRÉAL CANADIENS                          BOSTON BRUINS
1957-58         MONTRÉAL CANADIENS                          BOSTON BRUINS
1958-59         MONTRÉAL CANADIENS                          TORONTO MAPLE LEAFS
1959-60         MONTRÉAL CANADIENS                          TORONTO MAPLE LEAFS
 
Cette équipe a atteint la finale cinq années de suite, mais elle n’était pas dominante.  En fait, elle semblait toujours se faire coiffer par un adversaire, principalement les Red Wings et ce, autant en saison régulière qu’en séries.  D’ailleurs, lors de leur seul succès de cette période (1953), ils avaient évité Détroit, puisque les Bruins avaient causé une surprise en les éliminant au premier tour.

Le vent a toutefois tourné en 1955, lorsque Montréal a débuté sa fameuse séquence inégalée de cinq Coupes consécutives.  1955, c’est évidemment l’année de l'émeute suite à la suspension de Maurice Richard.  Au début de la saison 1955-56, Richard était de retour, plus motivé que jamais.  Mais dans l’entre-saisons, un autre événement s’est passé.  Les Canadiens ont remplacé Dick Irvin derrière le banc par Toe Blake.

Fait intéressant, l’entraîneur des Maple Leafs de 1931 à 1940 était aussi Dick Irvin.  Lorsque les Leafs ont finalement remporté la Coupe en 1941-42, Irvin avait été remplacé par Hap Day.  Ceci ne veut pas dire qu’Irvin était incapable de mener son équipe aux grands honneurs, puisqu’il a tout de même remporté quatre Coupes Stanley (une à Toronto et trois à Montréal).  Il demeure toutefois que ses équipes (Black Hawks, Maple Leafs et Canadiens) ont perdu la finale douze fois.  Est-ce à dire que son style abrasif pouvait montrer ses limites dans les moments cruciaux?  Il faudrait demander aux joueurs de l’époque…

Les équipes de Dick Irvin ont une fiche globale de 4-12 en finale
 
Les Red Wings du début des années 1960
 
                      CHAMPIONS                                             FINALISTES
1960-61         CHICAGO BLACK HAWKS                       DETROIT RED WINGS
1961-62         TORONTO MAPLE LEAFS                       CHICAGO BLACK HAWKS
1962-63         TORONTO MAPLE LEAFS                       DETROIT RED WINGS
1963-64         TORONTO MAPLE LEAFS                       DETROIT RED WINGS
1964-65         MONTRÉAL CANADIENS                         CHICAGO BLACK HAWKS
1965-66         MONTRÉAL CANADIENS                         DETROIT RED WINGS

Si Détroit a été la puissance de la ligue du début des années 1950, elle a conservé le même noyau par la suite, avec entre autres Gordie Howe, Alex Delvecchio et Terry Sawchuk.

Au début des années 1960, l’équipe avait perdu un peu de sa superbe, mais une fois en séries, elle trouvait le moyen de surprendre.  En 1961, 1963, 1964 et 1966, les Wings ont terminé quatrièmes dans une ligue à six équipes où il était presque automatique que les Bruins et les Rangers terminent derniers.  Par contre, à chaque fois, ils ont causé une surprise pour se faufiler en finale, dont trois fois contre Chicago.  Par contre, une fois en finale, ils sont revenus sur Terre et ont perdu.
 
Ironiquement, leur meilleure saison pendant cette période a été celle de 1964-65, alors qu’ils ont terminé premiers.  Par contre, une fois en séries, ils se sont fait surprendre… par Chicago.
 
Après les séries de 1966, les Red Wings ont débuté une longue traversée du désert.  Ils ne retourneront en finale qu’en 1995.
 
Les Blues de la fin des années 1960
 
                      CHAMPIONS                                               FINALISTES
1967-68         MONTRÉAL CANADIENS                          ST.LOUIS BLUES
1968-69         MONTRÉAL CANADIENS                          ST.LOUIS BLUES
1969-70         BOSTON BRUINS                                      ST.LOUIS BLUES

Des billets récents ont abordé le sujet.  En 1967, la LNH a doublé ses cadres après une longue période de stabilité, passant de six à douze équipes.  Pour éviter que les nouvelles équipes (LA, Min, Oak, Phi, Pit, StL) se fassent détruire à répétition par les équipes établies (Bos, Chi, Det, Mtl, NYR, Tor), la ligue a formé deux divisions.  L’est comprenait les équipes ″originales″ et l’ouest, les équipes d’expansion.
 
Les Blues n’étaient pas forcément la meilleure équipe de l’ouest, mais la troupe de Scotty Bowman trouvait le moyen de sortir de sa division.  Comme les Golden Knights, les Blues ont donc accédé à la finale à leur première année, mais dans un contexte où l’une des équipes d’expansion (celle qui sortirait de l’ouest) se rendrait forcément en finalement.  En fait, St-Louis a atteint la finale à ses trois premières années.  Toutefois, en y affrontant une équipe établie, ils ont été balayés chaque fois.

Ils n'ont pas atteint la finale depuis.
 

mardi 22 mai 2018

Équipe All-Star des oubliettes #11- Red Wings de Detroit



Re-bienvenue à cette interminable série sur ces joueurs vedettes dont le passage avec une équipe a été largement oublié. Nous en somme maintenant à une autre équipe des "Original 6" donc beaucoup d'années à retracer.

Je vous rappelle rapidement la formule, il s’agit de la meilleure équipe de tous les temps de la franchise mais composée des joueurs vedettes les plus oubliés à avoir porté leur uniforme, que ce soit par la longueur du séjour (généralement en bas de 100 matchs) ou par oubli collectif. Il s’agit de choix très subjectifs, basés selon ma propre mémoire et des fois, le terme “vedette” est assez subjectif également.

Allons-y donc.

ATTAQUANTS

Wendel Clark
12 matchs (1999)

Espérant remporter une troisième coupe d'affilée en 1999, les Red Wings font le plein de vétérans à la date limite des transactions. Ils font donc l'acquisition des défenseurs Ulf Samuelsson (Rangers) et Chris Chelios (Chicago) en plus de deux échanges distincts avec le Lightning qui envoient le gardien Bill Ranford et Wendel Clark à Detroit. Du lot, seulement Chelios restera à long terme (même très long terme) avec l'équipe tandis que les trois autres font soit partie de ce décompte ou bien sont dans les mentions honorables...

Wendel Clark pour sa part est un joueur culte des Maple Leafs avec qui il a joué durant trois séjours; de 1985 à 1994, 1996 à 1998 et 20 autres matchs (les derniers de sa carrière) à la fin de la saison 1999-00. Il avait beaucoup ralenti lors de la fin de son 2e séjour à Toronto en 1998 et l'équipe le laissa aller. Il signa donc avec le Lightning et connut une certaine renaissance avec eux, marquant 28 buts en 65 matchs et participant au match des étoiles de 1998. Le Lightning était toutefois une grosse joke sur patins et il fut liquidé aux Red Wings à la date limite. Il marqua 4 buts (donc 32 au total pour sa saison) et 2 passes en 12 matchs avec Detroit et 2 buts et 3 passes en 10 matchs des séries. Toutefois, l'équipe ne put compléter le "three-peat" en s'inclinant en deuxième ronde et le laissa aller après les séries.

Il signa ensuite avec les Blackhawks en 1999-00 mais ce fut un échec total dans la ville des vents. Il n'obtint que 2 buts en 13 matchs avec Chicago qui le laissa sur le banc plus souvent qu'autrement et il fut libéré en janvier 2000. Il retourna ensuite faire un dernier tour de piste avec les Maple Leafs pour conclure la saison et sa carrière. Son séjour à Detroit demeure à ce jour une hérésie chez les inconditionnels des Leafs habitués à le voir en bleu et blanc en train d'échanger des coups avec Bob Probert dans le temps de la vieille division Norris.


Mike Modano
40 matchs (2010-11)

Après 21 saisons passées avec leur organisation, les Stars de Dallas prirent la décision difficile de laisser aller leur ancien capitaine après la saison 2009-10. Agé de 40 ans, Mike Modano n'était pas tout à fait prêt à prendre sa retraite mais il n'y avait que trois villes où il aurait accepté de poursuivre sa carrière; Dallas, Minnessota (où il avait débuté sa carrière) et Detroit, d'où il est originaire.

Il fit donc un Martin Brodeur de lui-même et termina sa carrière dans un autre uniforme que celui qu'il avait porté pendant plus de 20 ans. Si c'était bizarre de le voir dans autre chose que le vert et noir des Stars, c'était également bizarre de le voir porter le #90 au lieu du #9. Les Red Wings avaient comme plan de l'utiliser sur le troisième trio et durant les avantages numériques. Cependant la carrière de Modano en Red Wings peut être résumée en deux parties: 20 matchs d'acclimatation difficile au début de la saison et les 20 derniers matchs pénibles de la saison. Entre ces deux périodes fut une période d'inaction de trois mois causée par une blessure au poignet. À son retour, il avait toujours du mal à suivre le rythme de ses coéquipiers et lorsque vint le temps des séries, le nom de Modano fut rayé de la formation. Il ne joua que deux matchs en séries, amassant 1 passe tandis que l'équipe s'inclina en deuxième ronde.

En incluant les séries, il n'amassa que 4 buts et 16 points en 42 matchs avec les Red Wings. Inutile de dire qu'il s'agissait de sa pire saison en carrière et qu'il aurait dû se retirer en tant que membre des Stars. C'est d'ailleurs ce qu'il fit au début de la saison suivante lorsque les Stars lui firent signer un contrat d'une journée pour pouvoir se retirer officiellement avec eux.


Darryl Sittler
61 matchs (1984-85)

Pour le troisième et dernier poste disponible chez les attaquants, moi et mes collègues du blog avions tout d'abord voté pour Brad Richards dont le passage très récent avec l'équipe était aussi très discret et oubliable. Mais j'avais tellement rien à dire sur Richards que j'ai finalement préféré le bumper pour mettre Darryl Sittler à sa place car l'histoire de ce dernier avec les Red Wings est plus croustillante.

Après plusieurs années à Toronto dont les dernières comme capitaine en constante discorde avec la direction, Sittler put finalement quitter les Maples Leafs après plusieurs mois de rumeurs et de négociations difficiles entre lui, son agent, son directeur général et le proprio des Maples Leafs, Harold Ballard. Les Leafs prirent finalement la décision de l'envoyer à Philadelphie en janvier 1982. Toujours un joueur d'élite, Sittler continua d'amasser près d'un point par match avec les Flyers et il connut même une saison de 43 buts en 1982-83. Il ralentit quelque peu la cadence la saison suivante mais amassa tout de même 63 points en 76 matchs.

Avant la saison 1984-85, Sittler s'était supposément fait promettre le titre de capitaine des Flyers après la retraite de Bobby Clarke, qui pour sa part serait désormais le nouveau directeur général de l'équipe. Le jour de la supposée annonce aux médias, Sittler apprit plutôt qu'il était échangé aux Red Wings en retour de Murray Craven et Joe Patterson. Sittler fut dévasté de cette nouvelle et déclara plus tard qu'il s'agissait de la pire déception de sa carrière, pire même que ses déboires avec Ballard et les Maple Leafs. Ne voulant pas déménager sa famille une autre fois, il refusa de se joindre aux Red Wings et contempla de prendre sa retraite. Il se rapporta toutefois à reculons avec l'équipe au bout d'une semaine et joua une dernière saison sans feux d'artifices avec Detroit, alors une des pires équipes de la ligue. Il eut du mal à s'ajuster à sa nouvelle équipe et connut sans surprise sa pire saison en carrière avec seulement 11 buts et 27 points et les Red Wings rachetèrent la dernière année de son contrat après la saison. Il reçut une offre de contrat des Canucks la saison suivante mais préféra prendre sa retraite pour de bon.


Mentions honorables:
Rick MacLeish (25 matchs 1983-84), Thomas Vanek (48 matchs 2016-17), Dennis Hull (55 matchs 1977-78), Ray Whitney (67 matchs 2003-04), Brad Richards (68 matchs 2015-16), Daniel Alfredsson (68 matchs 2013-14), Bernie Federko (73 matchs 1989-90), Marian Hossa (74 matchs 2008-09), Reggie Leach (78 matchs 1982-83), Andy Bathgate (130 matchs 1965-67)


DÉFENSEURS

Börje Salming
49 matchs (1989-90)

Un autre ex-vedette des Leafs et un autre cas d'un joueur que l'on associe à une seule franchise, le légendaire Börje Salming s'est amené à Detroit en 1989 après 16 saisons passées exclusivement à Toronto. Ce joueur pionnier qui sut faire taire les détracteurs qui disaient que les européens ne seraient pas capables de jouer dans la ligue est aussi un joueur que l'on associe aux années 70 et 80 mais on oublie qu'il a également joué quelques matchs dans les années 90.

Pas grand chose à dire sur son départ de Toronto ou sur son court séjour à Detroit outre le fait que la saison 1989-90 fut la dernière fois que les Red Wings ratèrent les séries jusqu'en 2017. Après la saison, ils firent peau neuve en se débarrassant du bois mort comme Salming et Bernie Federko en plus de l’entraîneur Jacques Demers qui se fit montrer la porte. Pourtant Salming fut un des seuls de l'équipe à afficher un rendement positif en menant l'équipe avec son +20. 

Salming quitta donc l’Amérique mais joua trois autres saisons en Suède avec le club AIK de Stockholm. Deux ans plus tard, un autre défenseur suédois s'amena à Detroit mais il y resta plus longtemps...

Doug Harvey
2 matchs (1966-67)

Un autre joueur que l'on associe à une autre franchise mais dans le cas de Doug Harvey on sait qu'il a joué quelques saisons à New York, remportant même un autre trophée Norris au passage en 1962 en tant que joueur-entraîneur par dessus le marché. On sait également qu'il a joué quelques matchs avec les nouveaux Blues de St.Louis à la fin des années 60. Mais entre son passage à New York et celui à St.Louis, il passa plusieurs années dans les mineures.

Il joua tout d'abord quelques matchs pour les Rangers de St.Paul dans la CPHL en 1963 et ensuite il passa deux saisons avec les Aces de Québec dans la ligue américaine. En 1965, il signa avec les Clippers de Baltimore, toujours dans la AHL. Une des clauses de son contrat avec Baltimore indiquait qu'il avait le choix de redevenir agent libre si les Clippers décidaient de l'échanger. Les Clippers l'envoyèrent aux Reds de Providence en décembre 1966 en retour d'une somme d'argent. Il exerça toutefois cette clause et profita de son statut d'agent libre pour signer avec le club-école des Red Wings, les Hornets de Pittsburgh.

Il termina donc la saison 1966-67 avec les Hornets et fut rappelé le temps d'une série-aller retour contre Chicago en janvier 1967. Il s'agissait de ses premiers matchs dans la LNH depuis le mois de novembre 1963 et ce furent ses deux seuls matchs en tant que membre des Red Wings. Il n'amassa aucun point durant ce court séjour.

La saison suivante, il fut signé par les nouveaux Blues de St.Louis comme joueur-entraîneur de leur club-école de Kansas City dans la CPHL. Il fut rappelé par les Blues pour les séries de 1968 et l'équipe décida de le garder avec le grand club pour la saison 1968-69, sa dernière saison avant de clore sa carrière.


Mentions honorables:
Ulf Samuelsson (4 matchs 1998-99), Derian Hatcher (15 matchs 2003-04), Uwe Krupp (30 matchs 1998-02), Mark Howe (122 matchs 1992-95), Brad Park (147 matchs 1983-85)


GARDIEN

Ed Giacomin
71 matchs (1975-78)

Après trois ex-Leafs et un ex-Canadien (et un ex-Stars qui vient tout gâcher), il semble logique que le dernier membre de cette équipe d'étoile soit aussi un ex-membre d'un club des "Original 6". Si beaucoup de gens ne se rappellent pas vraiment du passage de Ed Giacomin à Detroit, ce n'est pas vraiment le cas à New York.

Une des figures emblématiques de l'histoire des Rangers, Giacomin joua 10 saisons complètes à New York et fit partie de l'élite de la LNH pendant une bonne partie de cette période, menant entre autres la ligue pour les victoires de 1967 à 1969 et remportant le Vézina en 1971. Il connut une saison difficile en 1974-75, ratant plusieurs matchs à causes de blessures. Au début de la saison suivante, il fut placé au ballottage et réclamé par les Red Wings. Les fans new-yorkais furent furieux de cette décision du directeur général Emile Francis et lors du match suivant (par coïncidence contre Detroit), les fans donnèrent une longue ovation à Giacomin et huèrent les Rangers. Les fans de longue date des Rangers évoquent ce moment comme le plus grand moment de l'histoire des Rangers après la conquête de 1994. Il s'agit même du #41 du Top 50 des événements marquants du Madison Square Garden.

Beaucoup se demandent toujours pourquoi les Rangers ont laissé partir Giacomin sans rien recevoir en retour. Giacomin lui-même a émis l'hypothèse que les Rangers savaient que les Red Wings réclameraient Giacomin et qu'il s'agissait en sorte d'un retour de faveur entre Detroit et New York. Les Rangers avaient en sorte une dette informelle datant de 1970 lorsque les Rangers devancèrent le Canadien au classement et que ces derniers ratèrent les séries à cause du total de buts marqués en saison. Les Red Wings étant déjà assurés d'une place en séries, ils auraient baclé le dernier match de la saison en laissant plusieurs joueurs clés de côté contre les Rangers qui gagnèrent 9-5. Le Canadien pour sa part se devait donc de marquer au moins 5 buts contre les Blackhawks le même soir pour espérer devancer les Rangers suite à ce match offensif. Ils retirèrent leur gardien même en pleine cause perdue mais ne purent faire mieux que 2 buts dans une défaite de 10-2 contre Chicago et c'est ainsi qu'ils ratèrent les séries. 

Pour plus de détails sur ce match loufoque cliquez ici (texte du 29 décembre 2014). Giacomin croit donc que d'être placé au ballotage et réclamé par les Red Wings était en quelque sorte une faveur des Rangers envers les Red Wings. Giacomin continua donc la saison à Detroit mais Francis fut congédié au mois de janvier suivant.

Mais les Red Wings étaient alors en pleine phase "Dead Wings" et le grisonnant Giacomin devint numéro 2 derrière Jim Rutherford. Il se retira au milieu de la saison 1977-78. Son numéro 1 fut retiré en 1989 par les Rangers.



Mentions honorables:
Bill Ranford (4 matchs 1998-99), Bob Essensa (13 matchs 1993-94), Ken Wregget (29 matchs 1999-00), Rogatien Vachon (109 matchs 1978-80)


Sources:
Bleacher Report
Greatest Hockey Legends

samedi 19 mai 2018

Morris Mott









Petit joueur de centre avec les Red Wings de Weyburn (affiliés à Détroit) de la Ligue junior de la Saskatchewan, Morris Mott se joignit au programme de l’équipe nationale du Père David Bauer en 1965-66.  L’équipe cherchait à assembler une équipe pour représenter le pays, mais elle cherchait également des joueurs sérieux, qui mettaient l’emphase sur leurs études.  Cette philosophie plaisait à Mott, qui avait envisagé de prendre la voie universitaire américaine.  Toutefois, comme les premières années (freshmen) n’avaient pas l’occasion de jouer immédiatement et devaient attendre leur tour, l’idée lui plaisait moins.  Avec l’équipe nationale, basée à ce moment à Winnipeg, non seulement il pouvait représenter le pays et voyager, mais il put aussi s’inscrire en histoire à l’Université du Manitoba.
 
Cette année-là, le programme, débuté en 1963-64, eut ses premiers succès.  En effet, le Canada retourna sur le podium aux championnats du monde après une absence de trois ans.  Dans un tournoi tenu à Ljubljana, en ex-Yougoslavie (aujourd’hui en Slovénie), les Canadiens s’accaparèrent de la médaille de bronze.
 
L’année suivante, à Vienne, Mott et ses coéquipiers rééditèrent leur exploit, préparant le terrain pour les Jeux Olympiques de Grenoble, prévus pour 1968.
 
Dans ce tournoi à la ronde, Mott marqua un but contre l’Allemagne de l’Ouest, avant de connaître un match exceptionnel le 9 février, lorsqu’il marqua 4 buts dans un massacre de 11-0 contre l’Allemagne de l’Est.
 
L’équipe canadienne s’en tira bien, parvenant même à battre les éventuels gagnants de la médaille d’argent, la Tchécoslovaquie.  Toutefois, une défaite en début de tournoi contre la Finlande est venue la hanter.  Les Canadiens ont tout de même quitté Grenoble avec le bronze olympique au cou.  Quant à l’or, il est revenu à l’Union soviétique, comme c’était l’habitude à cette époque.  Les Canadiens auraient en théorie pu se l’approprier en battant les Soviétiques lors du dernier match.  L’équipe nationale les avait d’ailleurs battus l’année précédente lors du tournoi du centenaire du Canada.  Mais dans ce cas-ci, il n’y eut pas de miracle.  Ce fut en bout de ligne une partie à sens unique et les Canadiens furent blanchis 5-0.   
 
En 1969, dans ce qui s’avéra la dernière année de cette version du programme national, le Canada termina quatrième à Stockholm. 
 
En 1970, il avait été initialement entendu que les professionnels seraient finalement admis aux Championnats du monde, ce qui rendait le programme national inutile.  Lorsque les plans furent changés, le Canada protesta en n’envoyant tout simplement pas d’équipe.
 
De son côté, Mott, qui avait terminé sa maîtrise à l’Université du Manitoba, s’inscrivit au doctorat à l’Université Queen’s de Kingston.  Il s’aligna également avec les Golden Gaels de cette institution pendant deux ans.
 
En 1972, la fondation de l’Association mondiale de hockey (AMH) créa une forte demande pour les joueurs de hockey.  Mott fut d’ailleurs repêché par Calgary, équipe qui fut remplacé par les Crusaders de Cleveland avant même de jouer un seul match.  Mott signa toutefois un contrat comme agent libre avec les Golden Seals de la Californie.
 
Le plan initial était de jouer avec le club-école, les Golden Eagles de Salt Lake.  Par contre, les déjà faibles Seals furent pillés par les équipes de l’AMH.  Les nouveaux venus signèrent alors plusieurs de leurs joueurs comme Gerry Pinder, Bobby Sheehan, Wayne Carleton, Gary Jarrett et Tom Webster, ce qui créa des ouvertures.  Mott, qui arriva au camp déjà en forme (ce qui était loin d’être le cas de tout le monde à cette époque), impressionna et fit l’équipe immédiatement.
 
Bien qu’il passa quelques temps à Salt Lake, Mott fut un régulier à Oakland et y joua 70 matchs.  Employé surtout en désavantage numérique, il marqua 6 buts. 
 
Mott passa deux autres saisons à jouer sur le quatrième trio d’une des équipes des plus faibles de la ligue.  Il joua également quelques parties à Salt Lake, les aidant au passage à remporter la Coupe Adams de la CHL en 1974-75.  Aussi surprenant que cela puisse paraître, une équipe associée aux Seals a déjà gagné quelque chose!

Fait cocasse, bien qu'il n'ait jamais été une étoile, Mott s'est retrouvé à un moment avec un fan club à New York!  À ce moment, le responsable de l'affiche du Madison Square Garden avait pris un malin plaisir à se moquer des adversaires des Rangers en les annonçant en utilisant l'un de leurs joueurs moins connus.  Lorsque la Californie fut le visiteur, il annonça "Ce soir Morris Mott et les Golden Seals de la Californie".  À titre de dérision, un groupe d'adolescents de Long Island mit alors sur pied un fan club de Morris Mott...
 
En 1975, comme sa situation demeurait la même dans l’équipe, il préféra l’offre de Frolunda, une équipe de la ligue suédoise qui craignait être reléguée en deuxième division.  Elle fit donc appel à Mott et son frère Darwin (qui a joué dans les mineures et un match avec les Blazers de Philadelphie de l’AMH), ainsi qu’au défenseur américain Tom Mellor.  Les frères Mott furent les deux meilleurs pointeurs de l’équipe et Frolunda évita de justesse la relégation.
 
Mott a bien aimé son expérience en Suède, mais de ce côté-ci de l’Atlantique, l’Université Queen’s lui demanda de montrer du progrès dans sa rédaction de thèse, à défaut de quoi il serait exclu du programme.  Mott décida donc de revenir et de se consacrer à ses études.
 
Il n’avait toutefois pas fait son dernier tour de piste puisqu’au cours de la saison 1976-77, les Jets de Winnipeg, à ce moment dans l’AMH, eurent une série de blessés, incluant Bobby Hull et Anders Hedberg.  N’ayant pas de club affilié, ils firent appel à Mott.  Il joua alors deux matchs, qui s’ajoutèrent aux 199 qu’il a joués avec les Seals. 
 
Il termina ensuite son doctorat et se trouva du travail à l’Université du Manitoba.  En 1986, il obtint un poste de professeur permanent à l’Université de Brandon.  Pour ses recherches, il privilégia comme sujet l’histoire de l’ouest canadien… et l’histoire du sport.
 
Membre du Temple de la renommée du hockey du Manitoba, il est aujourd’hui à la retraite.
 
Sources : « Quick on the draw – Morris Mott », 10 février 2010, Westman Journal (westmanjournal.com), brandonu.ca, hhof.com, mbhockeyhalloffame.ca, wikipedia.org.