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lundi 3 avril 2017

L'arbitre, c'est mon frère




Techniquement, un arbitre se doit d’être impartial, même s’il a de la famille dans l’une des deux équipes en présence.  Par contre, cette situation ne s’est pas présentée très souvent.  Au cours de l’histoire, il n’y a eu que deux duos de frères joueur-arbitre.  Il faut dire qu'aujourd'hui, avec 30 équipes, il serait plus facile d'assigner un arbitre à un match où son frère n'est pas impliqué.  Du temps des 6 équipes, il y avait moins de possibilités.
 
Marty et Matt Pavelich
 
C’est en 1947-48 que Marty Pavelich fit ses débuts avec les Red Wings.  L’ailier gauche se vit confier au fil des ans la mission de couvrir les joueurs vedettes de l’équipe adverse, comme Maurice Richard.
 
La carrière de Pavelich coïncida avec une période heureuse pour les Red Wings, puisqu’il se mérita quatre Coupes Stanley (1950, 1952, 1954 et 1955).
 
En 1956, il fut rejoint par son frère Matt.  Ce dernier arbitrait depuis l’âge de 14 ans, mais après des passages dans le hockey mineur et la Ligue américaine, il accéda à la Ligue nationale, sur la recommandation de l’arbitre en chef, Carl Voss.
 
Il fit ses débuts le 11 octobre.  Ce soir-là, les Wings de Marty affrontaient les Hawks, mais on assigna plutôt Matt au match Toronto-Boston.  En fait, il a fallu attendre au 11 novembre, le 12e match du calendrier des Red Wings, pour voir les deux frères Pavelich sur une même patinoire.  Dans cette victoire de 3-1 de Détroit sur Chicago, Marty Pavelich a amassé une passe, en plus de recevoir une pénalité.
 
En séries, Matt officia pendant la seule série de l’équipe de son frère.  En tant que recrue, lors des matchs à l’Olympia de Détroit, il était celui qui avait pour tâche de ramasser les fameuses pieuvres que les partisans jetaient sur la patinoire et ce, à son grand déplaisir.
 
Les deux frères ne cohabitèrent pas très longtemps dans la LNH, puisque Marty prit sa retraite comme joueur à la fin de la saison.  Parce qu’il avait tenté de fonder la première association des joueurs, on expédia son coéquipier Ted Lindsay chez les Hawks.  Comme Pavelich et Lindsay avaient investi dans une entreprise de plastique qui fournissait l’industrie automobile, il fut décidé que Pavelich s’occuperait de leurs intérêts en l’absence de Lindsay.  Jack Adams, le directeur-gérant des Wings, n’était pas courant de l’implication de ses deux joueurs dans des projets en dehors du hockey, ce qui le mit en furie.  Craignant de se retrouver dans les mineures, Pavelich préféra se retirer.
 
Matt Pavelich
Matt continua toutefois sa carrière de juge de ligne, où son coup de patin fluide pouvait porter ombrage à celui de certains joueurs.  En 23 ans, il prit part à 1727 matchs de saison régulière, le deuxième total de l’histoire, derrière Neil Armstrong.  En séries, son total de 245 matchs (incluant sept finales) n’est surpassé que par John D’Amico.
 
Le 24 janvier 1979, celui qui n’avait jamais voulu devenir arbitre parce qu’il n’aimait pas devoir constamment à argumenter, dut quitter son poste de juge de ligne pour une période.  L’arbitre Bruce Hood arriva en retard au match entre les Capitals et les Rangers et Pavelich eut à le remplacer pendant une période.
 
Après avoir accroché ses patins, Pavelich devint superviseur des arbitres dans la LNH.  Il a également occupé ce poste dans l’UHL.

Il a été élu au Temple de la renommée du hockey en 1987.
 
Art et Glen Skov
 
Les frères Skov sont originaires de la région de Windsor, dans le sud de l’Ontario.  À la fin des années 1940, ils ont tous les deux joué pour des clubs de l’IHL, qui à cette époque opérait exclusivement dans la région de Détroit-Windsor.
 
En 1949-50, Glen n’eut pas vraiment à déménager pour graduer dans la LNH, puisqu’il fit ses débuts avec les Red Wings.  Étrangement, il forma un trio défensif, la Grind Line, avec Tony Leswick et… Marty Pavelich.  Skov remporta trois Coupes Stanley dans l’uniforme rouge et blanc, en 1952, 1954 et 1955.
 
De son côté, Art demeura dans l’IHL jusqu’en 1952, après quoi il se consacra à l’arbitrage, d’abord dans la Ligue du Bell Téléphone, puis dans le hockey mineur et l’IHL.
 
C’est finalement le 29 novembre 1956, moins de deux mois après Matt Pavelich, qu’Art fit ses débuts comme juge de ligne dans la Ligue nationale.  À ce moment, son frère Glen avait passé aux Black Hawks et ceux-ci recevaient ce soir-là les Bruins.  Mais comme dans le cas de Pavelich, on ne l’assigna pas immédiatement au match de son frère.  On l’envoya plutôt près de chez lui, à Détroit, où les Wings affrontaient les Rangers.
 
Glen demeura à Chicago jusqu’en 1960.  Il joua ensuite ses trois derniers matchs dans la LNH avec les Canadiens.
 
Quant à Art, il fut juge de ligne dans la Ligue nationale jusqu’en 1964, en plus d’être arbitre dans la EPHL, l’AHL et la CHL.  Par la suite, il devint arbitre à temps plein dans la grande ligue.
 
En 1972, on lui assigna le prestigieux numéro un sur son uniforme, signe à l’époque de sa place dans la hiérarchie des arbitres.  Il était aussi reconnu pour sa capacité de parler aux joueurs, pour les calmer lorsque nécessaire.  Après 1023 matchs, il rangea son sifflet en 1975.
 
Contrairement aux frères Pavelich, les frères Skov nous ont quittés (Art en 2009, à l’âge de 80 ans, et Glen en 2013, à 82 ans).

Art Skov

Sources : “Wings Beat Hawks 3-1; Leafs Bruins Draw”, AP, 12 octobre 1956, Montreal Gazette, p.25, “Chihawks Beaten 3-1 by Wings”, AP, 12 novembre 1956, Montreal Gazette, p.26, “Gordie Howe Scores Two As Wings Beat Blues 4-1”, AP, 30 novembre 1956, Montreal Gazette, p.24, “Matt Pavelich finally waked, ‘er skated, the line after a couple of brushes with big top” de Tom Keenan, 29 mars 2010, The Sault Star (saultstar.com), “Ex-Wing Skov starred on three Cup winners” de Bob Duff, 13 septembre 2013, Windsor Star (windsorstar.com), “Art Skov” et “Glen Skov”, Windsor-Essex County Sports Hall of Fame (wecshof.com), legendsofhockey.net, wikipedia.org.

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