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lundi 15 mai 2017

André "Moose" Dupont


En 1968-69, les Canadiens Junior représentaient une équipe redoutable qui attirait des foules considérables au vieux Forum.  Après avoir remporté la Coupe Memorial, elle a vu quatre de ses joueurs (sur treize) être repêchés en première ronde : Réjean Houle (1er) et Marc Tardif (2e) par les Canadiens, André Dupont (8e) par les Rangers et Jean-Pierre Bordeleau (13e) par les Black Hawks.
 
L’année suivante, ils remportèrent encore la Coupe Memorial, en plus de voir trois autres de leurs joueurs être choisis en première ronde, dont le premier au total, Gilbert Perreault.  Mais à ce moment, André Dupont n’y était plus.  Les Rangers l’avaient assigné aux Knights d’Omaha, où l’équipe de l’entraîneur Larry Popein remporta la Coupe Adams.
 
En 1970-71, les Knights remportèrent à nouveau la Coupe Adams, mais cette voie, ils étaient dirigés par Fred Shero.  Cette rencontre s’avéra marquante pour Dupont, puisque Shero apprécia grandement le jeu robuste du gros défenseur, nommé le meilleur de la ligue.  En seulement 54 matchs, Dupont accumula 306 minutes de pénalité.  Il eut également la chance de jouer 7 matchs avec les Rangers.
 
Son passage dans la Grosse pomme fut toutefois de courte durée, puisqu’en novembre 1971, il fut impliqué dans un échange à cinq joueurs qui l’envoya à St-Louis.  Cette transaction lui permit de se faire une place dans la LNH.
 
En 1972-73, Shero était devenu entraîneur des Flyers et il tâchait à se construire une équipe des plus intimidantes, qui comptait déjà Dave Schultz, Bob Kelly, Don Saleski et Gary Dornhoefer.  Il recommanda donc au directeur-gérant Keith Allen de faire l’acquisition de celui qu’on surnommait ″Moose″ depuis le junior, parce qu’il pouvait charger un adversaire au milieu de la patinoire.  Pour l’obtenir, Philadelphie dut céder Brent Hughes et Pierre Plante, deux joueurs appréciés dans le vestiaire.  L’accueil envers Dupont fut donc initialement un peu froid.  Toutefois, comme le style de Dupont cadrait parfaitement avec le reste de l’équipe, il ne mit pas de temps à s’intégrer.
 
 En 1973-74, Dupont ajouta à son palmarès déjà garni, lorsque les Broad Street Bullies imposèrent leur style intimidant pour devenir la première équipe d’expansion à remporter la Coupe Stanley.  Dupont y contribua entre autres en marquant le but égalisateur du match 2 de la finale, contre les Bruins, en toute fin de troisième période.  Il y alla ensuite de son classique ″Moose Shuffle″, alors qu’il semblait pédaler sur la glace.
 
 
L’année suivante, les Flyers remportèrent une deuxième Coupe, contre les Sabres et la French Connection cette fois, et il y avait des craintes que leur style agressif se propage.
 
En 1975-76, les Flyers connurent une autre très bonne saison, malgré l’absence prolongée de leur gardien Bernard Parent.  Une fois en séries, Philadelphie élimina d’abord les Maple Leafs, avant de faire face aux Bruins en demi-finale.
 
Le 6 mai 1976, lors du cinquième et décisif match, Reggie Leach se chargea d’éliminer les Bruins pratiquement à lui seul en marquant cinq buts dans une victoire de 6-3.  À la fin du match, Dupont y alla d’une déclaration à la télévision qui ne passa pas inaperçue :  « Cinq buts, c’est des buts en tab… »  Les Flyers perdirent ensuite la finale contre les Canadiens, où certains conclurent que la finesse avait finalement eu le dessus sur l’intimidation.
 
Une autre citation célèbre du ″Moose″ a un lien avec un match à Vancouver le 9 février 1973, où des joueurs des Flyers durent d’abord passer par la cour, pour leurs frasques lors d’un voyage précédent.  Ils y allèrent ensuite de leur stratégie habituelle pour battre les pauvres Canucks 10-5.  À la fin du match, Dupont, avec son accent francophone, y alla de la déclaration suivante : « Great trip for us.  We don’t go to jail.  We beat up dere chicken forwards.  We score 10 goals.  We win.  Now de Moose drink beer! »  (Bon voyage pour nous.  On ne va pas en prison.  On bat leurs avants peureux.  On compte 10 buts.  On gagne.  Maintenant, le Moose boit de la bière!)
 
En 1979-80, les Flyers connurent une séquence record de 35 matchs sans défaite.  Toutefois, la saison ne s’est terminée pas comme souhaitée.  En finale, les Flyers se sont inclinés devant les Islanders, qui se méritaient ainsi la première de leur quatre Coupes consécutives.
 
Cette défaite signifia la fin du passage de Dupont chez les Flyers.  L’équipe se rajeunissait et le ″Moose″ ne faisait plus partie des plans.  Par contre, on prit soin de lui faire signer un nouveau contrat de trois ans, avant de lui demander à quelle équipe il voulait être échangé.  Il choisit Québec, pour se rapprocher de son Trois-Rivières natal.  Les Nordiques donnèrent un choix de 7e ronde pour obtenir ses services.
 
À sa première année dans l'uniforme fleurdelysé, Dupont les aida les à accéder aux séries de la LNH pour la première fois.  D’ailleurs, lors de ses 12 saisons complètes dans la LNH, il ne rata jamais les séries, en plus de ses deux Coupes Stanley et de ses quatre finales (auxquelles on peut ajouter sa Coupe Memorial et ses deux Coupes Adams).
 
En 1981-82, Dupont devint capitaine et aida les Nordiques à non seulement faire les séries, mais à également éliminer les Canadiens pour la première fois.  Après avoir éliminé les Bruins, ils s’inclinèrent devant les éventuels champions, les Islanders.
 
À la fin de son contrat, après la saison 1982-83, Dupont s’en fit offrir un nouveau par les Whalers, mais il préféra plutôt prendre sa retraite et retourner à Trois-Rivières.  En 800 matchs, sa fiche est de 59-185-244 et 1986 minutes de pénalité.  Il devint alors entraîneur des Draveurs et eut entre autres Claude Lemieux sous ses ordres.
 
Après un peu plus de deux ans, Dupont se brouilla avec le propriétaire et démissionna.
 
Il opéra ensuite un magasin d’articles de sports, avant d’être embauché comme dépisteur par un ancien coéquipier chez les Flyers, Mel Bridgman, devenu le directeur-gérant des nouveaux Sénateurs.  Il y sera jusqu’à l’arrivée de Pierre Gauthier.
 
Il travailla ensuite pour un bureau d’agents de joueurs.
 
En 2014, il a été victime d’un cambrioleur, qui lui prit l’une de ses deux bagues de la Coupe.  Aurait-il pris la chance de tomber face à face avec le ″Moose″ alors qu’il était au sommet de son art avec les Flyers?
 
Son fils Danny a été repêché par les Sénateurs et a également été entraîneur du Titan d’Acadie-Bathurst de la LHJMQ
 
Sources :
 
Jackson, Jim, Walking Together Forever, The Broad Street Bullies, Then and Now, Sports Publishing LLC, 2004, p.72 à 80,
 
« Reggie Leach compte cinq buts et se réfugie en haut d’un placard » de Pierre Foglia, 7 mai 1976, La Presse, p.B7, « André ″Moose″ Dupont, un homme heureux et comblé » de Ronald King, 23 juillet 2008, La Presse, (lapresse.ca), « André ″Moose″ Dupont s’est fait volé une bague de la Coupe Stanley », 17 octobre 2014, Radio-Canada (radio-canada.ca), hhof.com, wikipedia.org.

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